• Thomas PELLETIER

Allez hope !


L’espoir est souvent perçu comme une ultime solution qui s’offre à nous.

Il est le phare dans la nuit, la bouée au milieu de la mer, la lumière au bout du tunnel.

« L’espoir fait vivre », « Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie »….

Et pourtant…

Selon la mythologie grecque (très simplifiée), Pandore apporta dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdit d'ouvrir.

Celle-ci contenait tous les maux de l'humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, la Mort, le Vice, la Tromperie, la Passion, l'Orgueil ainsi que l'Espoir (traduit Esperance du grec).

Par curiosité, elle finit par l’ouvrir et tous les maux s’en échappèrent pour se repandre sur Terre, elle eut tout de même le temps de refermer la boite avant que l’Espoir ne s’échappe, laissant l’homme penser que l’Espoir n’était pas un mal pour lui.

D’une manière générale, l’espoir convient bien à tout le monde, il est confortable et demande peu d’efforts puisque ce dernier est une « entité » à proprement parler qui est censé s’occuper de tout dans un futur proche. Il suffit d’être patient et l’espoir s’occupe du reste.

Souvent, je constate que nous espérons mais n’agissons pas.

Nous nous projetons. Nous croisons les doigts. Nous attendons que la vie se charge de tout.

Et si cet espoir était autre chose, un piège, un écran de fumée, une manipulation intérieure pour adoucir un présent contrariant, pour se noyer dans son idéal, comme anesthésié par un avenir meilleur.

Que ce soit dans notre milieu professionnel, en espérant une évolution de carrière ou une augmentation de salaire… ou dans notre vie sentimentale en espérant que les choses évoluent ou s’améliorent… l’espoir nous donne l’illusion que notre souhait va être réalisé.

Nous attendons avec (im)patience une fin heureuse, nous espérons.

Pourtant, combien de fois une situation ne nous a pas plu, ou pas convaincu mais nous avons laissé l’espoir s’immiscer pour passer outre, remettant à plus tard ce que nous désirions sur le moment ?

Est-ce que nous nous rappelons du nombre de fois où nous avons espéré quelque chose qui ne s’est pas réalisé ? Du temps que nous avons perdu au final, alors même que depuis le départ nous savions que ce serait impossible ?

Souvent l’absence de résultat conduit à la déception et la colère, voire pire, au désespoir !

* * * * * * * * *

Alors comment faire pour ne pas être dupé par l’espoir ?

Je n’imagine pas l’espoir comme une finalité mais comme le point de départ d’une véritable stratégie.

Et pour se faire il requiert plusieurs leviers :

  • L’observation :

Il n’est pas rare de constater les choses, de sentir, d’avoir une intuition et de balayer tout cela d’un revers de la main au nom de l’idéal que l’on recherche. Je vous invite à prendre en considération et de manière sérieuse ce qu’il se passe VRAIMENT, ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce que cela pourrait engendrer. Imaginer les choses de manière neutre.

Votre cerveau reptilien (celui de la survie) doit travailler en partenariat avec votre cortex (cerveau de la réflexion et de la logique) et laissé de côté pour un instant le système limbique (cerveau traitant les émotions).

  • Le passage à l’action :

Mettez en place une stratégie issue de l’observation que vous avez faite.

Si la patience est mère de raison, l’inertie, elle, ne produit rien. C’est le vide intersidéral.

Faites des choix, passez à l’action, trompez vous et recommencez. Soyez audacieux, osez !

Établissez des scénarios, positifs, négatifs et neutres. Comparez-les.

Soyez maîtres de vos échecs et de vos succès. Reprenez le contrôle.

  • L’enthousiasme :

L’enthousiasme doit venir de l’intérieur pour aller vers l’extérieur. Nul besoin de stimuli extérieurs pour cet enthousiasme-là. Soyez heureux de vivre et de pouvoir avoir le choix d’agir.

Soyez ravi et heureux de mettre en place votre stratégie pour que les choses fonctionnent, pour qu’elles avancent. Faîtes de votre mieux en étant persuadé que quoiqu'il arrive, vous n’aurez rien à regretter. Il y a toujours du bon pour les gens enthousiastes même si le but n’est pas totalement atteint.

  • La rigueur :

Lorsque l’on met en place une stratégie, on s’y tient. Quelques ajustements peuvent apparaître mais hors de question de ne pas se tenir au plan. Si le plan a été décidé, c’est qu’il était réfléchi et donc bon. C’est souvent le manque de rigueur qui conduit à l’échec et non la stratégie.

  • La régularité :

Lorsque l’on met en place une stratégie, on veille bien à ce qu’elle ne soit pas trop énergivore (perdre de l’énergie ne sert à rien) et on s’y tient chaque jour, à chaque instant. Un pas chaque jour, pendant 1 an, vaut mieux que 150 pas en 1 mois puis plus rien.

« La liberté, ce n’est pas l’espoir de l’avenir. C’est le présent et l’accord avec les êtres et le monde dans le présent. » Albert CAMUS


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