• Thomas Pelletier

Et si la vulnérabilité rendait invulnérable...


La vulnérabilité est une force sans limite qui peut vous permettre de tout réaliser dans votre vie.



Elle a pourtant mauvaise presse.


Et on peut le comprendre d’un point de vue littéral quand on lit la définition du Larousse :

Qui est exposé à recevoir des blessures,

Qui peut servir de cible facile aux attaques des ennemis,

Qui, par ses insuffisances, ses imperfections, peut donner prise à des attaques.


Dans le règne animal, en situation de guerre ou de crises, ces définitions trouvent aisément leur place.


Mais la vulnérabilité qui va nous intéresser, ici, est celle qui concerne nos rapports sociaux, nos rapports aux autres.


"si le vrai danger était de ne voir que ce que l’on croit"

Il existe une croyance qui consiste à dire que l’homme est un loup pour l’homme.


En d’autres termes, il faudrait se méfier de tout le monde.

Cette croyance est limitante.

Elle conditionne un comportement qui n’est plus naturel.


Explications :


On dit de Saint Thomas qu’il ne croit que ce qu’il voit.

Cela n’est pas sans nous rappeler une certaine forme de méfiance dont la mise en pratique est censée nous rassurer.


Oui mais…. si le vrai danger était de ne voir que ce que l’on croit (Cette phrase mérite d’être lue une seconde fois).


En d’autres termes, si j’ai la croyance que les autres sont des prédateurs qui me veulent du mal, il y a de fortes chances que j’adopte une posture de défense, de manière consciente ou inconsciente, pour ne pas leur montrer ma vulnérabilité.


Le risque est d'être soit distant, soit agressif, soit dans la lecture de pensée négative en projetant sur l’autre mes propres scenarii anxiogènes.


Et malheureusement le coût est triple :

  1. - Cette posture ne me rend absolument pas invulnérable voire même, elle me rend méfiant et me met dans un état d’esprit inconfortable.

  2. - Je fais le nécessaire pour que ma croyance soit vérifiée en la provocant sans cesse, me mettant ainsi moi-même à l’écart et en danger d’isolement.

  3. - La projection de suspicion que j’impose à l’autre peut entrainer des réactions négatives en cascade de sa part.


Cette suspicion de danger permanent de la part des autres nous ramène à nos angoisses personnelles qui reposent sur le regard et le jugement des autres.

Mais également sur le regard que l’on porte finalement sur soi-même.


Si je me montre vulnérable, nul doute que les autres profiteront de moi sans que je sache me protéger.


"c’est notre peur de ne pas mériter des relations humaines qui nous prive de ces relations"

Il me semble pourtant qu’aborder la vulnérabilité par le seul biais d’un danger de guerre, de la maladie, ou d’une faiblesse vis-à-vis à d’un « prédateur » quelconque, serait se priver de la puissance de la vulnérabilité dans les relations humaines et sociales.


Je vais donc essayer de bousculer ce paradigme.


Comment ?


On peut imaginer qu’il existe 2 catégories de personne :

  • Les personnes qui croient en leur valeur, ces dernières ont un sentiment d’amour et d’appartenance envers eux et les autres.

Appelons-les « les gens confiants ».


  • Les personnes qui se demandent tout le temps si elles sont assez bien, assez à la hauteur, assez comme-ci .... au détriment d’eux-mêmes et des autres.

Appelons-les « les gens méfiants ».



Brené Brown, chercheuse en science humaine qui a mené une longue étude sur les relations humaines -relations qui donnent du sens à nos vies- explique que c’est notre peur de ne pas mériter des relations humaines qui nous prive de ces relations (-> gens méfiants).


En effet, les gens confiants sont souvent des « gens sans réserve » : ils pensent qu’ils méritent l’amour et donc, ils peuvent plus facilement entrer en relation avec des personnes ; sans arrière-pensées.


"Courage, compassion, authenticité…"

Mais alors, que faut-il avoir pour être « sans réserve » ?


Du COURAGE :

Le courage d’être imparfait.


De la COMPASSION :

Être gentil envers soi-même et de ce fait envers les autres également.

Car il est difficile d’être en compassion avec les autres si nous ne le sommes pas envers nous-même.


De l’AUTHENTICITÉ :

Abandonner l’idée de ce que nous devons être aux yeux des autres, et à l’inverse, être ce que nous sommes vraiment.


Courage, compassion, authenticité… toujours facile à lire dans les articles de développement personnel et pourtant… il y a une résistance, un blocage.


Tout cela se travaille.



Malheureusement, ce qui détruit les relations humaines, c’est la honte qui conduit à la peur de l’isolement.


La base de ce ressenti est la peur de ne pas être à la hauteur de ce que l’on pense que les autres attendent de nous et donc de ne pas mériter d’avoir des relations avec des personnes à cause de ça, de ne pas être assez « bien » pour recevoir de l’intérêt de la part des autres.




Mais qui fixe la hauteur au final ?


Probablement nous et ce que nous souhaiterions que les autres aient comme image de nous.

Être vulnérable, c’est donc ni plus ni moins que se montrer tels que nous sommes pour pouvoir entrer en véritable relation avec les autres (mais pas forcément TOUS les autres).


Les « gens confiants » en acceptant de ne pas avoir de réserve sont vulnérables et c’est ce qui les rend in fine invulnérables (toutes proportions gardées).

Ils ont la volonté de dire je t’aime en premier, la volonté de faire quelque chose sans avoir une quelconque garantie quant à la réussite de cette chose, juste essayer avec enthousiasme.


Brené Brown nous explique que la vulnérabilité est au cœur de la honte, de la peur et de notre problème d’estime de soi.


Mais cette vulnérabilité est aussi source de joie, de créativité, du sentiment d’appartenance et d’amour.


Le problème est que nous anesthésions « nos mauvaises émotions » (peur, déception, colère …).

Et de manière mécanique, en mettant de côté ces émotions, nous mettons également de côté les émotions positives (joie, bonheur …).


Nous voulons rendre certain, ce qui est incertain.

Nous voulons tout perfectionner.


Résultat : Nous devenons méfiants, malheureux, vulnérables.


Et nous pouvons finir par confondre notre vulnérabilité avec la notion d’humilité pour chercher l'acceptation des autres… mauvais calcul.


Alors que faire ?


La meilleure façon de vivre est d’accepter sa vulnérabilité et d’arrêter de vouloir tout contrôler et tout prévoir.


  • Nos actions ont des conséquences sur les autres et sur nous même, soyons authentiques et vrais avec nous-même et les autres.

  • Acceptons de nous montrer "vraiment", acceptons de nous montrer vulnérable, aimons de tout cœur même s’il n’y a pas de garantie.

  • Exerçons-nous à la gratitude et à la joie de petites choses.

  • Aimons, plutôt que de s’imaginer des catastrophes.

  • Soyons reconnaissants de nous sentir vulnérables car être vulnérable, c’est être vivant.

  • Pensons que nous sommes bien comme nous sommes.


La vulnérabilité n’est pas un pouvoir magique. Elle ne garantie rien mais elle permet de rester connecté à ce que vous ressentez, à ce que vous souhaitez et surtout à ce que vous êtes.


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