• Thomas PELLETIER

Je veux devenir coach

Dernière mise à jour : 16 nov.

Je reçois souvent des messages ou des appels de gens qui souhaitent se tourner vers le métier passionnant du coaching.

En cours de bilan de compétences, de reconversion professionnelle ou simplement par curiosité, ces derniers se posent énormément de questions sur la transition, et le métier en lui-même. Peut-on vivre du coaching ?


A travers cet article, je vous propose quelques éléments de réponse issus de mon expérience personnelle.



Quel est votre parcours professionnel ?


Diplômé en master 2 « droit de l’urbanisme et de la construction » en 2005, j’exerce durant 10 ans dans le monde de la promotion immobilière.

De 2013 à 2015, j’occupe le poste de directeur des programmes au sein de la société Nexity, enseigne nationale.

En 2015, je décide que ma vie professionnelle doit prendre un nouveau virage, vers une démarche plus humaine, pour laquelle mes actions ont un résultat direct et un impact à court, moyen et long terme.

Je suis, durant 18 mois, une formation Nord-Américaine (berceau du coaching) sur Paris.

Formation au terme de laquelle j’obtiens une certification RNCP 6 (délivrée par l’Etat) de Coach Professionnel Praticien.

J’exerce le métier de coach depuis 2016.



Comment avez-vous décidé de devenir coach ?


Ma vie professionnelle était très bien engagée, jeune directeur à 33 ans, j’étais sur la voie d’une progression en lien avec mon ambition.

Néanmoins, je sentais bien que le métier que j’exerçais ne m’enthousiasmait plus.

Il fallait que je me lance un challenge en adéquation avec mes idées et mes valeurs.


J’ai donc décidé de consulter une coach malgré mes réserves sur cette profession.

En effet, ma formation de juriste ainsi que mon secteur d'activité initial voyait d'un drôle d'œil cette nouvelle profession qui ressemblait plus à une mode qu'à un véritable métier.

Dans mon esprit, il y avait une confusion entre formation, psychologie et mouvement "néo-babacool".

Mais d'une nature curieuse et dynamique, j'ai passé le pas.


Le travail que nous avons effectué m’a permis de dépasser mes peurs et d’imaginer l’impossible : prendre un virage à 180° ; repartir à zéro.

C’est ma coach qui, au détour d’un échange, m’a demandé si je n’avais jamais imaginé faire ce métier de coaching.

Au départ surpris et perplexe, j’ai décidé d’y réfléchir et de prendre ma décision…. au sommet du Kilimandjaro !

Quoi de mieux pour sortir de ma zone de confort et me confronter à l'angoisse de redémarrer à zéro.

L’effet recherché a été d’une redoutable efficacité : Une ascension du toit de l'Afrique, au mois de décembre, avec des conditions météo compliquées et la découverte de l'altitude et du mal aigue des montagnes...

Arrivé au sommet, j’ai su que c’était ce chemin que je voulais emprunter.

Je serais Coach.



Pourriez-vous me décrire votre métier ?


Mon métier consiste à créer du mouvement, à provoquer des prises de conscience en observant les situations sous un autre prisme, à stimuler des axes de réflexion différents, à insuffler des solutions en devenant proactif, en devenant acteur de sa vie.


Quelles sont vos tâches principales ?

Ma tâche principale est d’écouter avec l’ouverture d’esprit nécessaire sans chercher à lire dans les pensées ou à interpréter.

Un coach n’est pas un être de Lumière qui sait tout.

Donc j’écoute de manière active, je questionne, je pointe les paradoxes, je propose des visions différentes sur lesquelles nous réfléchissons.

Mes séances reposent sur l’usage d’outils qui créent l'interaction nécessaire et qui font leurs preuves depuis plus de 50 ans dans la pratique internationale du coaching.



Quelles sont vos responsabilités ?

Ma toute première responsabilité est de ne pas conseiller.

Je ne suis pas là pour cela.

Je ne suis pas un consultant, je suis un coach.

Donc je peux proposer des points de vue mais ce sont bien mes clients qui prennent leurs propres décisions.

Enfin, dans le cadre du coaching, on pratique la co-responsabilité :

c'est à dire que le coach agit en son nom, prend la responsabilité du processus de coaching mais, il rend à son client la responsabilité de la réalisation des actions dont ils ont convenu d’un commun accord.



Quels connaissances, niveau scolaire, expérience, qualités faut-il avoir pour exercer ce métier ?


Les connaissances sont un prérequis important mais loin d’être suffisant.

Le métier de coach est avant tout un métier de posture et de perspicacité.

J’entends par là qu’il ne suffit pas d’être un bon confident dans sa vie personnelle ou un expert théorique du développement personnel pour être un bon professionnel.


Selon moi, il faut tout d’abord avoir développé une maturité émotionnelle.

Il faut également être détaché à titre personnel du métier.

J’aime mon métier, j’aime les gens mais je ne cherche à sauver personne à travers ce dernier ; ni mes clients, ni moi-même.

Je suis simplement là en appui, en partenaire pour définir la meilleure stratégie permettant d’atteindre l’objectif fixé ensemble.


Ce métier peut vite devenir envahissant si on s’investit trop émotionnellement.

Ainsi, on préfèrera user d’une empathie « sèche » c’est-à-dire d’une compréhension bienveillante mais qui n’entraine pas de réactions émotionnelles non maitrisées.


C’est également un métier dans lequel on peut coacher de nombreux profils aussi bien d’un point de vue professionnel que personnel.

D’ailleurs, une grande majorité des coachings professionnels, sont également personnels car c’est l’individu qui se coache et non son métier.

Je rappelle que le coach n’est pas un formateur ou un intervenant ; ce sont d’autres métiers qui peuvent être complémentaires mais en aucun cas identiques.



Quelles sont vos conditions de travail (horaire, rémunération, travail en équipe, disponibilité,…)


Les horaires de travail sont très fluctuants en fonction des rendez-vous de la semaine.

Il est difficile d’envisager plus de 4 séances de coaching par jour.

Les séances durent 1h30 mais la concentration et l’implication exigées sont intenses et aller au-delà de 4 séances détériorent pour moi la fraicheur d’esprit.

En ce qui concerne la rémunération, il ne faut pas voir cela de manière mensuelle car certains mois sont intenses et la rémunération peut être importante tandis que sur d’autres mois, on peut faire zéro (mois d'aout par exemple).



Quels sont les avantages et inconvénients du métier ?


Qu’aimez-vous le plus dans ce métier ?

· La découverte,

· Le challenge,

· Le partage,

· Le contact avec des gens motivés et déterminés à améliorer leur vie,

· La stratégie que l’on met en place pour parvenir à l’atteinte de l’objectif.



Quelles sont vos principales satisfactions ?

Ma principale satisfaction c’est quand mes clients sont satisfaits.

C’est très agréable de constater un changement dans leur regard, leur posture, leur manière de s’exprimer appréhendant la vie avec un nouveau point de vue enthousiasmant qui leur correspond mieux.

Il est très agréable de travailler sérieusement et dans la bonne humeur.



Qu’aimez-vous le moins dans ce métier?

Je ne dirais pas que c’est ce que j’aime le moins mais l’aspect prospection commerciale est souvent inconfortable.

Les gens prennent la décision de débuter un coaching lorsqu’ils se sentent prêts, je n’ai pas beaucoup de pouvoir là-dessus.

Le coaching ne se vend pas, il se propose, il se réfléchit, et il se décide.

Investir sur soi-même est souvent un cap difficile à passer.

En théorie, il peut y avoir une dizaine de personnes enthousiastes à démarrer un coaching chaque mois ; mais au final, il n’y a que 3 ou 4 personnes qui prennent vraiment contact avec moi.



Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Je ne vois pas de difficultés particulières.

Peut-être les mois où il y a peu d’appels.

Mais cela fait partie de la vie d’auto-entrepreneur.



Quelles sont les possibilités d’évolution ?


Les possibilités d’évolution appartiennent à chacun.

Certains peuvent réintégrer une entreprise, d’autres offrirent une offre diversifiée, d’autres encore donner des cours.

Ce métier, en rapport direct avec l’humain et ses capacités, ouvre beaucoup d’opportunités à celui qui veut les saisir.

En ce qui me concerne, j’ai fait une émission de radio, j’ai écrit des articles, j’ai fait des podcasts, je suis intervenu dans des centres de ressources, d'expertise et de performance sportive (CREPS) de la région, j’ai organisé des teams buildings, je participe aux phases de recrutement dans des entreprises.



Quels conseils me donneriez-vous pour accéder à ce métier ?


- Le premier conseil est d’avoir confiance en ses capacités tout en ayant l’esprit ouvert au principe d’évolution, à une remise en question saine.

Se lancer et réussir dans l’auto-entreprenariat est souvent conditionné par des questions de crédibilité et de légitimité.


- Le deuxième conseil est de considérer cela comme un métier, à part entière, et non comme une mission sacrée.


- Le troisième conseil est d’éviter d’écouter les personnes qui ne connaissent pas le métier vous donner leur opinion sur le métier.

C’est souvent ceux qui en connaissaient le moins qui sont les plus critiques.

Il y a tellement de coachings, tellement de pratiques, qu’il est compliqué de véritablement définir ce métier.

Le coach n’est pas un robot, il s’adapte au client qu’il a en face pour répondre au mieux à son objectif.


- Le quatrième conseil est la patience.


- Le cinquième conseil est de se faire coacher.

En effet, vivre l’expérience vaut mieux que toute théorie.



Serait-il possible d'effectuer un stage d’immersion au sein de votre entreprise afin de découvrir le métier plus en détail ?


Le métier de coach est un métier que je qualifierais de confidentiel.

Souvent, les gens viennent dévoiler des faiblesses ou des doutes.

Une relation de confiance indispensable doit s’instaurer.

Faire entrer une tierce personne dans ce cercle de confiance me parait compliqué et peut être même anti-productif donc, en ce qui me concerne, je ne reçois pas de stagiaire.



J'espère avoir pu balayer un maximum de points pour vous aider au mieux à appréhender le coaching vu de l'intérieur.

Alors n'hésitez pas et lancez vous mais en respectant les étapes et en étant patient.


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